about

Dominique Leroy travaille les contextes qu’il investit comme des « cartes à poétiser ». Il pose un système (sonore, programmé…) dans un environnement qui devient le capteur de son propre code, le révélateur de sa propre substance. L’artiste nous invite souvent à traverser, à ressentir — in corpore — la peau, la carte, le nouvel environnement qu’il a pu inventer, comme un double du réel. La poésie naît de notre immersion dans un nouvel espace à explorer, à notre mesure, mêlant cependant diverses échelles.

Marina Pirot

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Sans espace, le son n’existe pas, il ne s’effectue pas. L’art sonore est aussi – et peut-être avant tout – un art de l’espace et c’est par le traitement du son que Dominique Leroy aborde le spatial. Par le recours à des légers décalages, à d’infimes variations, la mise à distance s’opère, les formes de restitutions auditives sont déconstruites, requalifiées, dé-standardisées, et c’est tout un pan du système de perception qui s’en trouve modifié. S’attachant à une lecture potentielle des lieux, les pièces de Dominique Leroy sont toujours en contexte, elle prennent place dans un milieu. Considéré comme une ressource mouvante – l’espace, qu’il soit construit ou social, ne peut être que dynamique –, il n’est jamais perçu comme une unité cohérente a priori mais bien comme un agrégat de données à mettre en forme. Le vocabulaire qu’échafaude l’artiste hérite d’une appréhension altérée de nos environnements, le sens est à construire. L’information, captée et combinée au travers d’agencements exfiltrés de la production en série, contient une puissance, intacte, à interpréter. Le travail de Dominique Leroy tend à s’affranchir de tout cadre structurant préexistant et en fabrique de nouveaux, mais libérés de leur nature prescriptive, il revient au spectateur de les co-construire. La production de points de bascule, de ceux qui libèrent l’action et proposent au spectateur de s’émanciper par la configuration même qui aura produit son aliénation – technologique, mais aussi sociale et politique -, est un projet artistique en propre. Dominique Leroy travaille à la fabrication de ces points, de ces moments où émergent des potentiels. En rendant possibles une ouverture dans des agencements clos – notamment les systèmes d’information – il opère une prise là où les architectures lisses n’offrent pas d’altération. Ce faisant, il impulse des écarts à la norme, et non content, s’escrime à les faire germer, à les multiplier en les rendant perméables à l’expérience de ceux qui les observent. Ménager de possibles espaces de reconfiguration des activités de nos contemporains relève bien d’un programme global où l’écologie – dans son acception élargie – demeure, sinon un axe fort, tout au moins un régime de présence au monde.

Guillaume Ertaud
http://www.lalettrephoto.net

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Présentation de Jean-François Rolez

Née à Vannes en 1962, dès le début il a baigné dans la culture de la découverte, de la création et de la fabrication. Tout était fait maison alors, les machines à bois, le laboratoire d’électronique, celui photo, les produits chimiques. Sa vie était un grand terrain d’expérimentations et d’inventions. De la construction de bateaux en bois à la radio-commande maison, des télescopes à la mécanique auto, moteur au gaz, tout lui a permis de se constituer un solide savoir faire. Il a ensuite continué, dépassant les connaissances familiale passant de l’analogique au digital, il a appris à coder et des 81 à travailler comme analyste-programmeur. Il a ensuite été employé par de grosses entreprises d’informatique, et de codeur, installateur, technicien de maintenance, support technique il est devenu responsable de la maintenance d’un gros parc informatique. Puis GNU/Linux, une remise en question, une prise de conscience et la rencontre d’APO33 en 99 l’ont propulsé dans les réseaux associatif d’une nouvelle aire. Il a développé des environnements multimédia (APODIO cf Dave Phillips tests 2006), fait des ateliers et conduit son entourage sur la voie des logiciels libres et du partage des connaissances. Il a codé pour les système de streaming de la voix et les ateliers de partage pour les forums sociaux (Paris, Mumbai, Porto-Allegre), fait des installations dans le cadre APO33, Labomédia(Orléans), Pixel(Bergen), écoles des beaux arts de Tours, Bourge, Aix en Provence, réseau Créalab, Ping. et a créer en autres XUB la distribution utilisée aujourd’hui par plus de mille personnes sur Saint-Nazaire pour SNALIS. Il a participé aux groupes de réflexions dans des mouvances alter-mondialiste, écologiste ou autonomes, liées à la pensée sur la Technique et l’humain. Il a collaboré à différent réseaux autour de Chateaubriand, Martigné-Ferchaud, région de vitré et s’est impliqué dans l’aventure humaine d’un lieu autonome La Grée. Il est un des fondateurs des associations La fabrique du Libre, ECOS, La CMS et le fondateur d’ALIS44 et des Les Espaces Enchevêtrés sur Saint-Nazaire comme expérimentation de jeux et systèmes de narrations et de fictions nomades assistés par ordinateur. Il participe activement aujourd’hui sur Saint-Nazaire aux CA de SNALIS et du NAUTILE ainsi qu’au développement du PCP et collabore avec l’école d’art sur des projets numériques.

 

 

 

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